vendredi 9 mai 2008
Par Christelle de Crémiers,
vendredi 9 mai 2008 à 23:07 :: Actualités
Un projet de directive contre les discriminations est aujourd'hui à l'étude à la Commission européenne. La force d'une directive européenne est qu'elle doit s'appliquer dans tous les pays membres de l'Union. L'enjeu de cette directive est attendu depuis plus de huit ans : assurer le même niveau de protection pour toutes les discriminations que celui qui est réservé depuis 2000 à la discrimination due aux origines.
Aujourd'hui, la discrimination due à l'âge, à la religion ou à l'orientation sexuelle, n'est reconnue que dans le cadre du travail. La directive attendue étendrait la reconnaissance de la discrimination au domaine de la sécurité sociale, de l'accès à la santé et à l'éducation, aux avantages sociaux, aux biens et aux services, ainsi qu'au logement.
Malheureusement, cette directive ne recueille pas le soutien d'une majorité d'Etats membres à ce jour. Les espoirs sont portés sur la présidence française pendant laquelle cette directive sera adoptée.
Le
groupe ADLE du parlement européen (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe) dont Marielle de Sarnez est vice-présidente, a sollicité la Commission de façon répétée afin qu'elle élabore des propositions en ce sens et transfère devant la Cour les Etats membres qui ne satisferaient aux critères de la législation européenne en vigueur.
Dans la lutte contre l'homophobie, le groupe ADLE soutient la reconnaissance par les Etats membres des relations de même sexe, de la cohabitation, aux unions civiles, partenaires civils, mariages entre personne du même genre. Le groupe ADLE soutient les appels faits aux Etats membres pour qu'ils prennent des mesures afin de surmonter les discriminations et les inégalités et qu'ils améliorent la situation légale des couples de même sexe.
L'association
CENTR'EGAUX a lancé un appel pour une Europe sans aucune discrimination qui permette de lutter contre tous les motifs cités par le traité d'Amsterdam (1997) : les origines, mais aussi l'âge, la religion, le handicap et l'orientation sexuelle.
P. S. La Télé Libre et la journaliste
Isabelle Desmond ont publié un
reportage sur la rencontre des candidats du Modem à la Maison de la Chimie le 26 avril. On y parle liberté, Europe, organisation du Modem, sans oublier des notes d'humour.

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jeudi 17 avril 2008
Par Christelle de Crémiers,
jeudi 17 avril 2008 à 00:31 :: Actualités
L'idée c'était de faire revivre l'ancienne UDF, contre la décision solennelle de son congrès du 30 novembre 2007, de récupérer le financement public des candidats du MoDem, de prendre la main sur le siège de la rue de l'Université et le tour était joué. Il n'y avait plus de Mouvement Démocrate et ce qui restait de l'UDF, bien soumis à l'UMP, comme le Nouveau Centre, confortait un ordre retrouvé dans le bipartisme.
Ce soir, à l'issue du bureau de l'UDF, s'est tenue une conférence de presse à laquelle j'ai assisté. Une trentaine de journalistes ont patienté jusqu'à 21h30 pour connaître les résultats du bureau. Comme le soulignait François Bayrou, c'est bien que l'importance de la question dépassait la simple gestion immobilière. Il en a résulté, par 19 voix contre 6, que le Mouvement Démocrate reste bien un parti libre et indépendant dans la vie politique française. Qu'il jouera pleinement son rôle pour dénoncer la dérive de la dette publique, des écarts grandissants entre des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres, et l'abandon de la construction européenne. Moi j'aurais ajouté : pour dénoncer la mise au pas sous la houlette américaine dans laquelle le Président de la République engage la France. Enfin, il n'y aura pas de courants au MoDem, ni de l'UDF, ni de CAP 21. Cette question de l'indépendance du MoDem, posée au bureau de l'UDF, va être posée aussi au Conseil national.
La France connaît une perte de vitesse marquée depuis maintenant une dizaine d'années. Elle ne fait plus couler autant d'encre qu'à l'époque de sa découverte, celle que pointait Nicolas Baverez, mais elle est toujours bien réelle. La dette du pays ne peut plus être comblée par la dévaluation, mais aucune mesure sérieuse n'est prise, tant l'engrenage de la surenchère du bipartisme fonctionne comme une machine folle. Ce ne sont pas trois pauvres assistantes de moins au ministère de l'agriculture qui vont enrayer l'endettement de la France. Sans doute, il faudra un gouvernement d'union nationale pour changer de cap.
Bref, tant que le MoDem a un toit... il peut accueillir.
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lundi 31 mars 2008
Par Christelle de Crémiers,
lundi 31 mars 2008 à 00:38 :: Actualités
Samedi après-midi se tenait la séance inaugurale du conseil du 17e arrondissement, au même moment que dans tous les arrondissements parisiens. Devant un public d'une centaine de personnes, les conseillers ont élu le Maire de l'arrondissement et ses 14 adjoints. J'y étais, fidèle à mon arrondissement, en écharpe orange, parmi le public.
Malgré les efforts du doyen du conseil qui présidait la séance pour faire taire les sifflements et les applaudissements, rien ne retenait le public qui découvrait la première passe d'armes entre Annick Lepetit et Françoise de Panafieu. Le différend portait sur la non candidature de Françoise de Panafieu au profit de sa fidèle compagne de route Brigitte Kuster. Annick Lepetit décidant pour les élus socialistes de ne pas prendre part au vote et Hervé Bénessiano ayant renoncé à ses ambitions lors d'une primaire la semaine dernière, ils ont permis que le vote se déroule comme du papier à musique et à l'unanimité. J'ai félicité le nouveau Maire de l'arrondissement, Brigitte Kuster, qui était fortement émue lors de sa prise de fonctions, en lui exprimant mon souhait de toujours agir à l'écoute de tous les habitants du 17e arrondissement, ainsi qu'elle l'a elle-même annoncé.
Après plus de dix ans de militantisme dont sept ans de mandat et trois candidatures aux législatives, après avoir été la première à porter les couleurs de l'UDF puis du Mouvement Démocrate auprès des électeurs du 17e arrondissement inlassablement, non seulement au moment des échéances électorales, mais en toute circonstance, quel drôle d'effet de découvrir cette nouvelle assemblée sans aucun élu MoDem. Des sept élus UDF de la mandature 2001/2008, je suis la seule rescapée centriste étant restée fidèle au parti de François Bayrou. J'avoue avoir imaginé encore et pour la dernière fois, lors de ce premier affrontement vertical droite/gauche au conseil qui augure du reste de la mandature, ce qu'aurait pu donner ma campagne aux municipales, cette campagne que je préparais avec soin et méthode, professionnellement, depuis des années, pour les habitants du 17e arrondissement.
Assez ! Regardons la réalité : Peut-être en réponse à mes idées silencieuses, une grande partie des élus, anciens et nouveaux, de droite et de gauche, ainsi que les présidents d'association et de nombreux habitants, sont venus me trouver chaleureusement, saluant ma fidélité, tout en ajoutant, pour certains, une petite phrase d'analyse politique à l'intention de celle qui représente le MoDem dans l'arrondissement... À tous ceux-là je veux redire un grand merci pour l'amitié de leur geste.
Regardons l'avenir : L'implantation de terrain du MoDem est reconnue dans le 17e arrondissement et tous les éléments sont là pour la prolonger et la développer dans les années à venir. Je m'engage à rester auprès des habitants du 17e arrondissement, à les informer et à les aider le mieux que je pourrai grâce à mes activités associatives et à relayer au Conseil de Paris leurs souhaits grâce à Marielle de Sarnez. Plus largement, je m'engage aussi à contribuer au renforcement de l'implantation de terrain du MoDem sur l'ensemble des arrondissements, à la faveur des résultats assez encourageants, près de 9,2 % à Paris, pour un tout jeune parti et forts de la richesse des talents des adhérents parisiens.
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vendredi 4 janvier 2008
Par Christelle de Crémiers,
vendredi 4 janvier 2008 à 18:52 :: Actualités
Pendant le temps des investitures ou des nominations au gouvernement, il a une fascination récurrente des responsables politiques pour les VIP société civile. La médiatisation de ces convoités VIP, parce qu'elle a été obtenue grâce à leur talent artistique, journalistique ou académique, ou grâce à un engagement pour une noble cause, semblerait plus pure, plus incontestable aux yeux des politiciens de métier qui siègent dans les comités d'investiture et qui ne connaissent que trop le caractère éphémère de la notoriété.
Se joue alors un raisonnement simple : les électeurs, qui votent a priori pour celui/celle qu'ils connaissent, voteront encore mieux pour cette personne dont la notoriété fait rêver plus d'un président de conseil général et qui, au fond, est plus proche d'eux, puisque non politicienne... Ce raisonnement a l'avantage supplémentaire de permettre au parti de faire son marché dans le gotha télévisuel, sans avoir à s'embarrasser avec le protocole de l'organisation partisane. Au début, tous les chats sont gris, et tout le monde s'aime.
Ce qui est étonnant, c'est que cela se reproduit dans tous les partis, alors que les désastres ont été nombreux et prévisibles. On a encore en tête l'éviction du gouvernement de Luc Ferry, Francis Mer et autres sur le thème "la politique c'est un autre monde", et dans le gouvernement actuel (jusqu'à quand ?) on retrouve les mêmes alibis d'honnête pureté associative. Mais ça ne colle pas, pas sur le long terme, c'est-à-dire, en politique, pas sur une deuxième mandature. Dans l'ancienne UDF, ces VIP à qui on avait offert une entrée en politique de rêve, par un parachutage au sommet de la liste, ont fini par partir au moindre tangage du bateau centriste, et, en l'espèce, les occasions ont été nombreuses. Avec leur départ, la médiatisation du VIP que le politique pensait instrumentaliser à son profit, se retourne contre lui. Tandis que lorsqu'un politique "de métier" (enfin le mot) part, il joue gros : il s'est construit sa notoriété dans une famille politique, et si en politique le mot trahison a un sens, c'est que celui de fidélité aussi.
"Politique de métier" peut avoir plusieurs traductions. Il y a ce politicien entré en cabinet et porteur de café dès l'âge de vingt ans, qui n'a quitté la moquette du siège que pour être parachuté dans une circonscription ultra gagnable, c'est la version techno de la formation de l'élite socialiste, et il y a la rencontre entre un homme et un territoire qui se construit au fil des années, comme le bon vin, avec des victoires qui finissent par arriver après des échecs qui grandissent. Les partis ont besoin de tout, de technostructure et d'engagement de terrain, mais il ont surtout besoin d'hommes et de femmes qui sachent faire les deux. C'est dans la faille entre l'appareil et le terrain que s'introduit la malheureusement pitoyable image des politiques dans notre pays. Comme c'est à cause de cette image que le fantasme du VIP société civile prend corps, ne faudrait-il pas plutôt s'attacher à réhabiliter le rôle de l'élu ? Mettre en avant son engagement au service de la collectivité fondé sur ses convictions et son attachement à des valeurs ? Rendre la fonction de l’élu plus attractive qu’elle ne l’est aujourd’hui auprès des salariés du privé ? Enfin, que les directions des partis politiques agissent résolument en faveur de la diversité sociale et culturelle des candidats ?
Je forme le voeu en ce début d'année que le MoDem, parce qu'il est libre des contraintes du passé, s'engage délibérément dans cette voie. Les 17, 18 et 19 janvier auront lieu les élections internes du parti pour désigner les membres du Conseil national. Instance décisionnaire, le Conseil national est le Parlement du Mouvement Démocrate. Je suis candidate sur la
liste GRAND PARIS DEMOCRATE conduite par
Céline Alléaume, membre du bureau exécutif national, 30 ans et déjà 10 ans d'action politique. Militante engagée et charismatique, dédiée à l'émergence d'une force démocrate indépendante au prix de sacrifices personnels parfois lourds, elle est dotée de toutes les compétences professionnelles et politiques nécessaires à l'émergence d'un parti politique qui place les adhérents au coeur de son développement. Elle incarne les valeurs principales portées par cette liste : la mise en lumière des compétences des militants par le mérite et la conviction qu’un parti moderne fait émerger des femmes et des hommes politiques en les confrontant à la fois à la richesse d’un projet de société et à l’engagement de proximité.
Je vous souhaite une année riche en rencontres et en accomplissements personnels.
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jeudi 6 décembre 2007
Par Christelle de Crémiers,
jeudi 6 décembre 2007 à 14:10 :: Actualités
Cette semaine s'achève, avec le dernier conseil d'arrondissement, la plus longue mandature municipale... et mon premier mandat. Depuis sept ans, je n'ai eu de cesse de rencontrer, d'écouter, de comprendre, de passer du temps avec toutes ces personnes qui forment le visage de l'arrondissement le plus complet, le plus divers de Paris. Passer du temps, ce n'est pas serrer des mains pendant un marché ou lors d'une inauguration. C'est établir le dialogue nécessaire pour apprendre, d'abord, le contexte d'une situation personnelle toujours nouvelle, puis pour apprécier, et enfin pour agir. C'est ainsi que j'ai rencontré Karl Berkemal, commerçant et président de trois associations actives, qui m'a accompagnée à trois reprises comme suppléant aux élections législatives de 2002, 2003 et 2007.
Lorsqu'on est conseillère d'arrondissement, les marges de manoeuvre sont tellement réduites qu'elles en découragent plus d'un(e). Mais je crois pouvoir affirmer qu'aucune personne qui soit venue me demander assistance, ne soit repartie sans un conseil, une adresse, un contact pour l'aider dans ses démarches. Et tout au long de ces années, je n'ai cessé, malgré l'absence complète de moyens, d'agir concrètement pour les habitants du 17e. En tant que médiatrice d'abord, à la demande des habitants et, le plus souvent, des associations. Je ne compte plus les courriers pour résoudre des conflits d'intérêt entre deux présidents ou pour aider à obtenir des subventions. A plusieurs reprises j'ai organisé des rencontres entre associations de locataires voisines et qui pourtant ne se parlaient pas. Et si ça a marché, c'est que des liens de confiance avaient été tissés avec toutes les parties, dans le temps.
Toujours dans le désir d'agir concrètement pour les habitants, j'ai fondé l'association Action Paris17 en 2003 pour la promotion du lien social et du bénévolat. 14 réunions publiques ont été organisées avec plus de 40 partenaires associatifs dans le domaine de la lutte contre l'isolement, l'exclusion les familles et les seniors. Nous avons mené des actions sensibles comme l'accompagnement des personnes isolées dans l'alcoolisme ou d'envergure, comme la réunion de tous les acteurs de l'accompagnement scolaire : ministères, ville, région, enseignants, associations et parents. L'année dernière, nous avons eu l'honneur d'organiser la première réunion, de mémoire de journaliste, de dialogue entre les commerçants et les habitants. Huit associations de commerçants de l'arrondissement ont répondu présent. L'équipe qui s'est constitué au fil de ces actions, a gagné en maturité et en connaissance fine du contexte de l'arrondissement. Elle prépare maintenant la plus grande manifestation d'Action Paris17, la fête du bénévolat, pour mettre en relation les habitants souhaitant donner de leur temps et les associations qui les reçoivent à bras ouverts.
Cette expérience du terrain m'a été précieuse pour diriger les travaux du projet social du Modem aux élections municipales parisiennes. Convaincue que la diversité est une chance, et celle du 17e est grande, qui ne se satisfait pas de recettes toutes faites de droite comme de gauche, je souhaite aux Parisiens une action municipale plus réactive, plus souple, mais aussi plus évaluée. Enrichie aujourd'hui par les enseignements de plusieurs centaines d'acteurs du 17e arrondissement et de plusieurs milliers d'habitants, je souhaite m'engager dans un nouveau mandat et participer pleinement à l'implantation durable du Modem à Paris.
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mardi 27 novembre 2007
Par Christelle de Crémiers,
mardi 27 novembre 2007 à 01:32 :: Actualités
Les 1er et 2 décembre 2007, au Parc des expositions de Villepinte, se tiendra le congrès fondateur du MoDem. Un congrès inédit à plusieurs égards. Le Mouvement Démocrate est né d'un mouvement spontané de plusieurs dizaines de milliers de citoyens. Il n'est ni le fruit d'une tactique politicienne, comme l'avait été en son temps la création de l'UMP, ni le fruit de l'opportunisme comme l'a été la création du Nouveau Centre par une vingtaine de députés qui souhaitaient conserver leur siège grâce aux voix de l'UMP.
Indépendance d'action et prééminence du projet sur toute alliance électorale, telles sont les exigences que s'est fixé le tout jeune MoDem. Mais il y a aussi le combat du bipartisme et du simplisme noir/blanc qu'il entraîne.
Notre démocratie a besoin du Mouvement démocrate pour se ressourcer, pour se renouveler. C'est ce qu'on compris les milliers de militants du MoDem en contribuant à la charte éthique du parti avec tout l'enthousiasme de ceux qui veulent construire une démocratie interne vivante et exemplaire. Vous pouvez prendre connaissance des
chartes, amendables encore lors du Congrès.
Certes, les sirènes du gouvernement, surtout avec l'avancée en âge, chantent de plus en plus fort auprès de certains comme Jean-Marie Cavada. Je prends le pari avec vous que, dans trois mois, personne ne se souviendra qu'il ne fut pas toujours UMP.
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mercredi 3 octobre 2007
Par Christelle de Crémiers,
mercredi 3 octobre 2007 à 01:12 :: Positionnement politique
Après vous avoir questionné, à mon tour de répondre à ces trois questions : comment s'allier sans décevoir ? Comment choisir ses alliés ? et quand faut-il le dire ?
Les élus locaux forment le squelette d'un parti politique. Voyez à quoi ressemble le Front National, une agence de com' quinquennale. Or pour avoir des élus locaux, il faut gagner : la proportionelle aux municipales est très restreinte, seule la liste arrivée numéro un engrange des élus significativement. Il faut donc gagner, seul ou accompagné. Voilà pour la situation, dans le cas du plus jeune parti de France, il s'agit plutôt d'être "accompagné".
Comme l'adhésion de dizaines de milliers de concitoyens, militant pour la grande majorité pour la première fois, a été déclenchée par l'affirmation de l'indépendance du MoDem, leur expliquer que, pour la première élection significative, l'alliance va être la règle, ça peut poser problème. De fait, on retrouve cette interrogation dans les comentaires précédents. Il me semble que l'on peut apporter deux éclaircissements : l'indépendance c'est la liberté de choisir, choisir de faire alliance ou non, choisir avec qui en fonction de critères propres. Ensuite, l'indépendance ne veut pas dire solitude et fermeture. C'est bien le Modem le premier à refuser de gouverner seul.
Une ligne de comportement que je soutiendrai sera celle de s'allier au challenger, celle de combattre l'équipe qui, en place depuis plusieurs mandats, se pétrifie dans l'habitude du pouvoir, quelle que soit sa couleur politique. Ensuite, le rapprochement doit bien sûr se faire au cas par cas, sinon, on ne peut plus parler de liberté de choix.
Enfin, quand faut-il le dire aux électeurs ? Idéalement, il faudrait pouvoir le dire entre les deux tours pour garder toute notre liberté de choix, celle éventuellement de ne pas faire alliance. C'est en pratique, impossible. Surtout dans les grandes villes où les media vont harceler les candidats nuit et jour. Il faut donc maîtriser les fuites et beaucoup communiquer sur le fait que le rapprochement le plusprobable serait un tel, mais que la décision finale ne se prendra qu'entre les deux tours.
Ce n'est ni facile ni commode d'inventer une troisième voie. Tous ces efforts seraient vains si ils ne permettaient pas d'accoucher d'un projet réellement nouveau. Pour Paris où je serai candidate, je proposerai le projet social et le partagerai ici avec vous.
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samedi 25 août 2007
Par Christelle de Crémiers,
samedi 25 août 2007 à 14:22 :: La société en débat
Dans les tout prochains mois, la stratégie municipale du jeune Mouvement Démocrate va prendre forme. A sa création, le MoDem a réveillé beaucoup d'espoirs auprès de ses cent mille pré-adhérents : un parti enfin à contre-courant des pratiques de la politique traditionnelle, novateur en matière de démocratie interne et... indépendant de l'establishment politique. Les élections municipales de mars 2008, bien plus que celles des législatives fortement marquées par le résultat de la présidentielle, seront une épreuve décisive pour l'avenir de ce mouvement et des idées qu'il défend.
La politique est l'art du possible, mais cette définition s'applique particulièrement au MoDem. A la veille des élections municipales et avant toute prise de position, tout semble possible pour lui.
Si je pense que les élections municipales seront décisives, c'est parce que le nombre d'élus locaux à travers le territoire constitue la charpente d'un parti et qu'il prépare à toutes les autres échéances, notamment cantonales, régionales et sénatoriales. Sur le plan de l'action publique, la politique gouvernementale a besoin aussi des élus locaux pour être diffusée et traduite localement : la qualité de la courroie de transmission dont disposera Matignon se déterminera en mars prochain.
Le mode de scrutin municipal, pour mémoire, ne fait pas dans la tendresse : la liste arrivée en tête prend d'emblée la moitié des sièges. La deuxième moitié est répartie au prorata des scores obtenus. A titre d'exemple, une liste qui gagnerait de 50,01 % pour une municipalité de 40 sièges, emporterait 20 + 10 = 30 conseillers sur 40.
- Première question : Héraut de l'indépendance politique, le MoDem peut-il s'allier sans décevoir ses électeurs ? En effet, la question n'est pas exactement de savoir s'il doit faire alliance ou non : seules les listes ayant réalisé plus de 5 % des suffrages exprimés peuvent s'allier, et seules les listes ayant fait plus de 10 % des suffrages exprimés peuvent se maintenir sans alliance au second tour.
- Deuxième question : Est-ce que les alliances doivent être homogènes entre la gauche et la droite partout en France, ou peuvent-elles être complètement fonction des caractéristiques locales ?
- Troisième question : Quand faut-il partager avec les électeurs l'éventualité d'une alliance : avant le premier tour ou seulement pendant la semaine de l'entre-deux tours ?
Ces questions devraient aussi être discutées lors des assises de la démocratie à Seignosse du 13 au 16 septembre. Je vous propose d'en débattre dans ce blog, proches ou non de la démarche du MoDem, quelque soit votre sensibilité politique.
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lundi 6 août 2007
Par Christelle de Crémiers,
lundi 6 août 2007 à 21:53 :: La mondialisation vue de la France
La fin du calvaire pour les six détenus bulgares en Libye deviendra, je pense, un repère dans l'évolution des relations internationales. Dans un contexte européen en berne, il symbolise le retour dans le concert des nations, fortement encouragé par les États-Unis, d'un des pays clé de la géopolitique des hydrocarbures. Face à ces enjeux, les informations transmises dans les media français, détaillant à l'infini les déplacements de Cécilia et les grognements des socialistes, servent efficacement à alimenter l'image de Sarkozy super-héros auprès des Français.
Le rôle des États-Unis, leur leadership continu dans les relations entre la Libye et les pays occidentaux est étonnamment escamoté dans le récit des media français. Nous ferait-on croire qu'un (petit) président d'un pays européen s'aventurerait dans un rough state de son propre chef ? Mieux, que son épouse débloquerait une situation dramatique depuis huit ans en deux déplacements ?
Nous constatons que les États-Unis ont proclamé leur souhait de normaliser leurs relations avec la Libye depuis la levée de l'embargo il y a trois ans. Depuis 2003 et l’abandon par la Lybie de toute production d’armes de destruction massive, puis après le paiement des indemnités pour les attentats terroristes, la détention des infirmières bulgares était le dernier obstacle à franchir pour rétablir officiellement des relations économiques avec Tripoli. Washington, qui répugne à négocier avec les rough states tant que ceux-ci n'ont pas montré patte immaculée, commençait à impatienter les multinationales américaines qui faisaient de plus en plus pression pour exploiter le pétrole et développer le marché libyen. Seulement voilà : QUI peut désamorcer publiquement ce conflit et donc négocier avec Kadhafi le terroriste ? Certainement pas la Maison Blanche.
Le nouveau président français a été unanimement salué dans la presse américaine lors de son élection. Le Washington Post du 7 mai le qualifie "d'admirateur sans complexes de l'Amérique", de "passionné, pragmatique et pugnace" tandis que Fox News le même jour le qualifie de "pro-américain", de "bon médicament pour la France" et se demande si la France deviendra a strong US ally grâce à lui. On peut imaginer que son rôle ait été en effet d'apporter une touche finale à un processus de négociation qui durait depuis des années, et d'éviter aux États-Unis d'avoir à assumer publiquement une posture malaisée vis-à-vis de leur opinion publique domestique. Les 458 millions de dollars permettant de dédommager les familles auraient été avancés par le Qatar sur promesse de remboursement par la Communauté Européenne. Cette somme, que la commissaire européenne Benita Ferrero-Waldner qui était en déplacement avec Cécilia Sarkozy à Tripoli, qualifie de "pas si importante" au regard du drame encouru par les familles libyennes, ne laisse apparaître aucune implication américaine.
Pourtant, le soir même de la libération, le président bulgare remercie personellement le président Bush "pour son assistance et support". La presse bulgare remerciera le lendemain le monde entier, y compris bien sûr le couple Sarkozy, mais seule la Maison Blanche reconnaîtra avoir été contactée par le président Parvanov. Le jour même, Condoleezza Rice annonce son voyage à Tripoli et George Bush nomme, pour la première fois depuis vingt ans, un ambassadeur en Libye. Les contrats commerciaux sont prêts à être signés.
C'est vrai, la vente d'un réacteur nucléaire (et des armes pour 200 millions d'euros) obtenue par la France n'a pas dû être une contrepartie à la libération des infirmières. Elle serait, si on pousse cette logique jusqu'au bout, plutôt une sorte de compensation pour services rendus. La Maison Blanche, qui avait les moyens de s'arroger tous les marchés, en laisse quelques uns en signe de remerciement à la France. En fait, c'est bien peu par rapport au potentiel du marché libyen et c'est bien peu en comparaison du contrat de 900 millions de dollars signé déjà en mai dernier par Tony Blair (toujours premier de la classe) pour du gaz, sans compter celui que la Grande-Bretagne doit être en train de signer pour du pétrole. Et pour les Français, même pas de pétrole ?
Le bilan de l'opération me semble très mitigé. D'un côté Sarkozy a clairement gagné une place de super-héros, confortée par une opposition socialiste qui ne pose pas les vraies questions, de l'autre, cette commmunication interne a un prix. L'opinion allemande est très critique vis-à-vis de cet acte de cavalier seul. l'Europe, qui a tellement besoin de parler d'une seule voix, est encore une fois bafouée, et la fourniture d'un réacteur nucléaire à la Libye donne raison à toutes les ONG du monde de s'inquiéter. Même si le porte-parole de la Maison Blanche déclare ne pas voir d'inconvénient à la fourniture d'un réacteur nucléaire civil, at first glance.
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vendredi 13 juillet 2007
Par Christelle de Crémiers,
vendredi 13 juillet 2007 à 00:04 :: Positionnement politique
Après six semaines d'absence, candidature oblige, je vous retrouve avec plaisir dans ce blog politique. Merci pour votre fidélité ! Pendant ce court intermède, la vie politique française a profondément changé.
L'équilibre bipolaire, l'alternance systématique du pouvoir entre deux camps, que François Bayrou dénonçait pendant sa campagne, a bel et bien disparu. Il n'y a pas eu d'alternance, le PS enregistre sa troisième défaite consécutive. Le MoDem est désormais considéré comme une force à part, les media ne parlent plus seulement de droite et de gauche pour décrire le paysage politique français, mais aussi de centre. L'action de Nicolas Sarkozy, tout le monde l'a remarqué, contribue grandement à brouiller les pistes du référentiel bipolaire : tandis qu'il reconnaît un statut à l'opposition, pour maintenir dans l'esprit des gens l'ancien ordre droite-gauche sans le centre, il s'emploie habilement à faire disparaître toute opposition. Il y a six personnalités de gauche de premier plan au gouvernement : en multipliant les invitations, il plonge le parti socialiste dans la crise et le déchirement interne. Enfin il a traité en direct avec les députés UDF pour créer le Nouveau Centre, succédané affilié à l'UMP.
Un mot sur le Nouveau Centre avant de commenter la main basse de Nicolas sarkozy sur l'ensemble de la vie politique française. Ce n'est ni nouveau de rallier le vainqueur, ni centre d'être seulement à droite, ce n'est en tous cas pas un parti au sens réel du terme. Il n'a ni militants (pardon mon cher DNL, très peu) ni électeurs. Dans ma circonscription, le candidat Nouveau Centre n'a fait que quelques dizaines de voix. Lorsque l'UMP ne lui prête pas ses voix en ne présentant pas de candidat contre lui, aucun Nouveau Centre ne peut prétendre se faire élire sous cette étiquette. Comme ils n'ont pas réussi à faire plus de 1 % des voix, ils n'auront pas de financement de l'Etat et devront dépendre du bon vouloir de l'opulent UMP pour survivre un peu. Si je développe autant c'est que la manoeuvre de communication a quand même réussi. Nombreux sont ceux qui pensent que l'UDF s'est divisée en deux, comme en son temps le parti radical. Rien de moins juste : ce n'est pas une division, c'est une naissance.
Depuis cinq ans, l'UDF plafonnait bon an mal an à 30 000 adhérents. Depuis mai dernier, 80 000 nouvelles personnes ont pré adhéré et 45 000 ont adhéré, sans compter les militants UDF. La certitude, c'est que c'est bien un nouveau parti. Le défi, c'est la stabilisation et la croissance. Trop de cadres anciens, ça leste un parti. C'est le cas du PS et, c'est un pari, ce sera celui de l'UMP quand les tempêtes arriveront. Mais très peu de cadres face à des dizaines de milliers de militants primo arrivants en politique (la majorité des modémiens n'ont jamais adhéré auparavant à un parti) c'est peu commun... En attendant le congrès statutaire du MoDem fin octobre, précédé des assises de la démocratie du 13 au 16 septembre, on invente la vie qui va avec. On s'organise de manière rassemblée et soudée pour fonder une force politique originale qui saura dire au superprésident qu'il n'a pas réussi à faire le vide en dehors de l'UMP.
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mercredi 23 mai 2007
Par Christelle de Crémiers,
mercredi 23 mai 2007 à 15:38 :: A propos de l'auteur
Je suis candidate à l'élection législative dans la 17e circonscripion de Paris (17e et 18e arrondissements), formée par les Batignolles, les Epinettes et les Grandes Carrières.
Je vous invite à visiter et à intervenir dans mon
site de campagne.
Attachée à ces quartiers depuis que je m'y suis installée pour la première fois en 1997 (rue du Docteur Heulin), j'ai agi pour aider concrètement les habitants et les associations. J'ai mis en valeur plus de quarante iniatives locales d'entraide et d'animation, avec les moyens du bord, sans être pour autant ni députée ni maire. Je suis aujourd'hui candidate de l'UDF-Mouvement Démocrate pour défendre le pluralisme et l'équilibre des pouvoirs. Pour que la diversité des quartiers des Épinettes, des Batignolles et des Grandes Carrières soit une chance de développement économique et culturel.
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mercredi 9 mai 2007
Par Christelle de Crémiers,
mercredi 9 mai 2007 à 01:55 :: Positionnement politique
La victoire de Nicolas Sarkozy n'a surpris personne. Son score non plus, alors qu'il s'agit d'un très bon score dans la Ve République. C'est le fruit de cinq années de campagne, dans son propre camp d'abord, auprès des media ensuite, auprès des Français enfin. Il a bénéficié aussi du positionnement flou de son adversaire socialiste du second tour.
La bataille de Nicolas Sarkozy dans son propre camp a commencé avec son arrivée à la Mairie de Neuilly. Depuis, il n'a cessé d'écarter les prétendants au rôle de numéro 1 ou ceux qui pouvaient le devenir. Lorsqu'il a présidé l'UMP, à l'origine destinée "au meilleur d'entre nous" Alain Juppé, tout en maintenant ses fonctions de Ministre d'Etat, le plus dur était presque fait. Mais il fallait encore convaincre les Français. Il a su de manière remarquable reprendre à son compte certaines conversations de comptoir, les commentaires de la rue, puis les amplifier, estampillés à son nom, et répondre en écho à certaines préoccupations des Français. Pas à toutes, mais indéniablement à des inquiétudes existantes et sur lesquelles il a concentré sa communication : Pourquoi je n'arrive pas à joindre les deux bouts alors que je travaille à plein temps et que je me lève tous les jours à 6h ? Pourquoi ceux qui ne travaillent pas sont plus aidés par l'Etat que moi qui travaille ? Pourquoi la France accueille-t-elle autant d'étrangers alors que nous n'avons plus de travail à leur offrir ? Pourquoi je dois supporter tous les profiteurs du système (RMIstes, allocataires abusifs, parents irresponsables...) alors que moi je travaille et je cotise et en plus j'ai peur quand je rentre chez moi ?
Une des clés de sa victoire est selon moi d'avoir redonné à des millions de Français une estime de soi à travers le travail en les situant du bon côté de la société. Le besoin de reconnaissance est essentiel. Il permet notamment de supporter beaucoup de choses et de les voir avec optimisme. Par exemple, de savoir qu'en travaillant quatre heures de plus on va gagner 12 % de plus, est perçu positivement, même si cela représente 120 euros par mois. Dans le même ordre d'idées, dans une grande entreprise française, le nombre de plaintes pour discrimination a été multiplié par dix en deux ans. Ce n'est pas qu'il y ait plus de discriminations. C'est tout simplement que les salariés ne laissent plus rien passer depuis que la direction ne reconnaît plus "la logique de l'honneur" du collaborateur mais le juge seulement à travers le prisme des objectifs chiffrés.
Il existe bien d'autres préoccupations des Français, qui s'expriment aussi dans les conversations de comptoir, auxquelles il est nécessaire de répondre et qui permettent également de redonner l'estime de soi, mais qui n'ont malheureusement pas été sélectionnées par le candidat Sarkozy. Pourquoi les gens s'engueulent au lieu de se parler ? Pourquoi est-ce si dur de changer de métier ? Pourquoi les enfants ont moins de perspectives de progression sociale que leurs parents ? Pourquoi ne pas mettre à profit tous les talents, quelque soit leur camp ou leur formation ou leur origine ? Et bien d'autres encore qui dessinent un autre modèle de société que celui de Nicolas Sarkozy.
Ensuite, le manque de préparation de la candidate socialiste a bien sûr servi la victoire de Nicolas Sarkozy. On ne s'improvise pas candidate à la présidentielle un an avant en faisant une campagne d'image au même moment qu'une campagne d'adhésion au PS, ce qui a conduit une majorité des 80 000 nouveaux adhérents socialistes à voter dans le même sens aux primaires. Tiens, je parie que le (ou la) prochain Secrétaire général du PS ne sera pas élu par les militants mais désigné par le bureau. En attendant, Ségolène Royal n'a pas assez travaillé ses dossiers, comme en témoignent des collaborateurs repentis, mais elle a vu juste sur un point : elle ne pouvait avoir une chance de gagner qu'en se libérant du PS. Mais se libérer d'un parti, dans nos institutions, cela veut dire changer le parti de l'intérieur et cela prend plusieurs années... qu'elle n'a pas anticipées "en se rasant" comme dirait l'autre.
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mardi 1 mai 2007
Par Christelle de Crémiers,
mardi 1 mai 2007 à 23:14 :: Positionnement politique
Le pourcentage des votes "blancs et nuls" est rarement publié, encore moins commenté. C'est normal, il ne veut rien dire. Mélanger les votes nuls et les votes blancs dans un même chiffre revient à nier toute reconnaissance du vote blanc.
Toute notre Ve République est fondée sur l'élection par la majorité d'une personne au suffrage universel direct. Cette élection cimente la légitimité de cette personne à exercer les fonctions de la magistrature suprême. On comprend dans ces conditions, que Michel Debré n'ait pas proposé au Général de reconnaître le vote blanc. Il y aurait eu le risque, en tenant compte des votes blancs, de voir au second tour de l'élection présidentielle, alors que l'on a bien pris soin de ne garder que deux candidats, que le premier arrivé ne dépasse pas les 50 % de rigueur. Soit.
Mais aujourd'hui, la société française n'est-elle pas prête à accepter l'idée que la personne au pouvoir n'a effectivement pas reccueilli la majorité absolue des suffrages ? N'a-t-elle pas déjà connu l'élection de 2002 où le président élu avait fait 19 % au premier tour ? Ne commence-t-elle pas à s'affranchir du clivage droite/gauche, noir/blanc, et à saluer le rapprochement et le dialogue trans-parti ?
Il m'apparaît que la reconnaissance du vote blanc pour laquelle
Le Parti Blanc milite avec constance en proposant des "candidats blancs", doit accompagner le changement qui s'opère dans la politique française, et que les institutions devront le suivre. Déjà pendant cette campagne présidentielle, le thème de la VIe République a été concrétement posé. Il s'accompagne dans le programme des candidats d'une reconnaissance du vote blanc, assortie souvent d'une obligation de vote. Pour ma part, je distingue ces deux aspects. La reconnaissance du vote blanc n'a pas besoin en soi d'être assortie d'une obligation de vote. Elle exprime le fait qu'un électeur ne se reconnaisse pas dans l'offre politique qui lui est faite et permet, par contraste, d'affirmer le vote d'adhésion pour les candidats et non seulement le rejet ou la protestation.
Le débat Royal / Bayrou, qui a été très salué, est une nouveauté historique. Il préfigure les pratiques politiques de demain. Dommage que Sarkozy ait aussi peu élégamment refusé de débattre avec Bayrou. Il acceptera peut-être un jour.
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lundi 23 avril 2007
Par Christelle de Crémiers,
lundi 23 avril 2007 à 01:03 :: Positionnement politique
La démocratie française compte désormais un nouvel acteur : le centre rassembleur porté par le courage de François Bayrou.
C’est une belle révolution : le centre politique existe pour la première fois comme une force indépendante des deux camps traditionnels, malgré les institutions de la Ve République qui les légitiment en plaçant en finale seulement les deux premiers candidats.
Je salue l’émergence du centre dans la politique française et appelle la formation d’un mouvement démocratique rassemblant au-delà de l’UDF des élus de la droite et de la gauche républicaines.
Nous sommes plus de 7 millions de Français à croire que la France, pour se réformer durablement et se développer, doit rassembler ses forces. Il y a de fait, à la sortie de ce scrutin, deux visions de la France : celle du PS et de l’UMP, qui ne sont que les deux faces d’une même médaille, et celle de François Bayrou.
Tel devrait être le nouveau clivage qui va s’imposer avec force pendant les cinq prochaines années du mandat présidentiel : ce sera le clivage bipolarisation contre rassemblement. Ce ne sera plus le clivage gauche/droite. François Bayrou a déjà gagné son pari.
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jeudi 19 avril 2007
Par Christelle de Crémiers,
jeudi 19 avril 2007 à 23:17 :: Positionnement politique
Quel aura été le thème de cette campagne pas comme les autres ? Sans conteste, le thème de la fracture sociale s'était imposé en 1995 et celui de la sécurité, en 2002. Alors que pendant cette campagne on a vu une série de thèmes éclore, intéresser et puis passer : les connivences entre l'argent et le media, l'immigration et l'identité nationale, les émeutes de la Gare du Nord, la suppression de l'ENA, même les bourdes de Ségolène ont fini par passer.
A la fin de cette campagne il me semble bien qu'il n'y a qu'un thème qui se soit imposé avec force pendant les trois derniers mois. C'est un thème qui a été repris par tous les candidats, car tous les candidats sont obligés de parler DU thème de campagne quand celui-ci s'impose.
Ils le subissent, ils l'amplifent, ils le dénigrent, mais ils en parlent : tous les candidats ont pris position sur le thème des identités politiques de droite et de gauche. A l'extrême gauche pour rappeler que les socialistes ne le sont plus, à l'extrême droite pour se réclamer du centre droit (!), à l'UMP pour récupérer les électeurs du Front National tout en se disant héritiers de Jaurès et Blum, au PS en brandissant le drapeau national, et les idées "bien-pensantes" de droite, au centre, enfin... Au centre surtout. Ce qui frappe en premier, c'est l'émergence d'un centre politique, non pas un centre-droit, non pas un centre-gauche, mais bien une candidature du centre. Ensuite, c'est l'émergence d'un nouveau message simple : le mur de Berlin est tombé, le clivage gauche/droite n'est plus une obligation intangible. Des hommes et des femmes venant de la droite, du centre et de la gauche peuvent travailler ensemble.
Lorsqu'on demande à François Bayrou avec qui il souhaite travailler, ses réponses sont bien moins évasives que celles de Nicolas Sarkozy qui devrait composer avec le Front et qui a promis à Marine Le Pen d'entrer au gouvernement ou que celles de Ségolène Royal qui devrait composer avec des trotskistes révolutionnaires en plein XXIe siècle.
Comme à chaque campagne, le thème qui finit par s'imposer est juste. Celui de cette campagne correspond à la fin d'une ère, la fin de l'ère Mitterrand/Chirac qui aura duré 26 ans, et sept alternances, avec pour le reste une remarquable continuité. Le débat gauche/droite était finalement celui de ces deux hommes qui orchestraient la valse des pouvoirs. Maintenant sans eux, les fondamentaux ont disparu. On essaie par la force de l'habitude de s'accrocher encore à cette vision moit'-moit' de la France, mais quelque chose nous dit que ce n'est plus ça. Ce n'est déjà plus ça d'ailleurs depuis que l'un des deux a disparu du combat en 2002. Le résultat de l'élection 2002 montre déjà que ce vieux clivage droite/gauche commence à perdre de son influence. Deux hommes en tireront des leçons inverses : Nicolas Sarkozy décidera de récupérer les voix du Front National et François Bayrou, comprenant qu'il s'agit déjà du chant du cygne du clivage droite/gauche, décidera de proposer un vote anti-système mais républicain.
Comme à chaque campagne, c'est celui qui impose le thème de campagne qui gagne. François Bayrou sera le président qui rassemble la France. Le 22 avril votez Bayrou !
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