mercredi 7 juillet 2010
Par Christelle de Crémiers,
mercredi 7 juillet 2010 à 21:45 :: Actualités
Un combat singulier s’annonce à la présidentielle. La radicalisation de la politique du gouvernement dessine les contours de l’affrontement qui se prépare camp contre camp.
L’idée de la troisième voie avait du sens avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Pendant les trente dernières années, les alternances successives n’ont eu aucun effet sur la tendance de fond : que ce soit la droite ou la gauche qui ait gouverné, les disparités sociales se sont creusées régulièrement, tandis que le PIB n’a cessé de croître. Les écarts de revenu ont été multipliés par 20, tandis que la France est 5 fois plus riche. Au fil des alternances, l’instauration progressive d’un « duopole » politique entre le PS et le RPR, puis l’UMP, a fait le lit de l’immobilisme politique et a renforcé l’appauvrissement idéologique des programmes électoraux.
Aussi, les électeurs ne s’y sont pas trompés. À partir de 1988, le taux d’abstention, qui était stable à 20 % depuis la fin de la guerre, a décollé. Le vote FN aussi. La qualification historique du FN au second tour de la présidentielle de 2002 a marqué le refus du duopole politique. Dans ce contexte, la candidature de François Bayrou en 2007 a rencontré les Français. Adhérer à la troisième voie centriste n’était plus seulement protester, c’était espérer un changement de société plus juste. Las, la dynamique de la campagne de 2007 ne survécut pas longtemps à l’épreuve des alliances du second tour. Il faut dire que, sans projet fondamentalement en rupture, toute troisième voie est condamnée à rallier l’un des deux autres camps. Depuis, le flambeau de l’espoir a été repris par le rassemblement Europe Écologie de Daniel Cohn-Bendit avec Les Verts. En 2009, le rassemblement évite l’écueil du conformisme programmatique de la 3e voie en proposant un nouveau système socio-économique dicté par l’urgence écologique.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, une démarche politique vraiment inhabituelle sous la Ve République déconcerte les Français. Ils y voient la mainmise de l’Élysée sur l’ensemble des media publics et privés et l’entente renforcée entre des propriétaires des grandes entreprises et le gouvernement, pour laquelle, sans être ni juge ni policier, on imagine qu’elle n’est pas dictée par l’intérêt général. Ils voient l’utilisation de la communication marketing pour tenter de cacher tout autant l’absence de projet pour la France que la systématisation des cadeaux aux amis, ils voient une pratique du pouvoir organisée autour d’une Cour, qui muselle le Parlement comme les ministères, et le style « bling-bling » aux relents d’affairisme. Tout cela montre combien la droite qui nous gouverne aujourd’hui est d’une autre nature que celle qui ronronnait pendant les alternances des années 80’.
La gauche aussi a changé. L’arrivée d’Europe Écologie, qui a fait jeu égal avec le PS en 2009, redistribue les cartes. Dans sa tribune « Le carré magique du rassemblement à gauche », Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, appelle à un accord de gouvernement avec EÉ avant le premier tour de la présidentielle. Sans doute les échecs successifs depuis 1997 ont-ils amorcé une démarche plus constructive et fédératrice que celle de la gauche plurielle en son temps.
Un combat singulier s’annonce donc entre ces deux camps. On peut, par commodité, les appeler toujours « droite / gauche». Quant à la 3e voie centriste, il lui reste peu d’espace. L’apogée du centre-droit dans les années 70’ était survenue après trente années de croissance et de redistribution sociale à l’occasion de mai 68. En 2010, notre société française écartelée, manipulée, désorientée, endettée, apeurée est en proie aux replis identitaires et à la radicalisation. L’omniprésence de l’hôte de l’Elysée nous oblige à choisir un camp : pour le renforcement du système actuel et de ses privilèges ou pour un changement profond du système de création et de répartition de la richesse.
Les écueils sont immenses pour l’opposition. La suspicion, d’abord, comme toujours, entre la gauche de la gauche, suspectée de la jouer en solitaire, quitte à handicaper la prise du pouvoir, et les moins à gauche, suspectés d’être « vendus » au capitalisme. Lorsque Jean-Luc Mélenchon appelle de ses vœux une « nuit du 4 août » en même temps que Dominique de Villepin, désormais l’emblème de la droite traditionnelle, lance le combat contre les « Bastilles de l’argent et du pouvoir », ne serait-il pas mieux de concentrer son énergie à organiser l’alternance plutôt que de l’utiliser à étalonner le degré de pureté entre gens de gauche ? Les querelles internes, ensuite, que le PS a pratiquées à satiété et qu’il semble craindre désormais, mais qui se produisent malheureusement au sein d’Europe Écologie. En face, le camp sarkozyste est, sans état d’âme, rassemblé derrière le candidat potentiel à sa propre succession.
Face à l’écueil de la suspicion et de la division, le projet de l’écologie politique peut jouer un rôle pivot. Pour changer le système actuel de création et de répartition de la richesse, pour placer l’être humain, et non le cours de bourse, comme finalité de l’activité économique, ni la force des valeurs, ni la sincérité des convictions, ni l’épouvantail de la faillite grecque, ni même un élan populaire majoritaire ne devraient être suffisants. Pour que les quelques détenteurs du pouvoir économique et politique le cèdent au changement, une contrainte réelle doit s’imposer à eux. Les limites des ressources naturelles et les impacts environnementaux, qui montrent la voie sans issue qu’est la spéculation financière déconnectée de l’économie réelle, sont, sans doute, les seules contraintes qui puissent s’avérer efficaces pour amorcer un changement de système économique, en France, comme ailleurs.
Voilà pourquoi, après des années d’activité politique comme candidate et élue sous les couleurs des partis successifs de François Bayrou, je démissionne de mes fonctions de vice-présidente du Modem Paris et rejoins le combat politique d’Europe Écologie.
Cet article est publié sur
liberation.fr
14 commentaires
:: aucun trackback
jeudi 17 juin 2010
Par Christelle de Crémiers,
jeudi 17 juin 2010 à 01:15 :: Actualités
Dans le cadre des États Généraux du Renouveau organisés par le Nouvel Obs et par Libération à Grenoble ce week-end, j'interviens à la table ronde de la Fondation Copernic sur "La démocratie au péril de l'abstention". Voici le texte de mon intervention.
Etats Généraux du Renouveau
Lorsque plus de la moitié des électeurs - pour ceux qui sont inscrits sur les listes électorales - décide ou choisit de ne pas voter, peut-on encore parler d'élection ?
L'abstention interroge nos valeurs démocrates. Elle révèle clairement la défiance des citoyens vis-à-vis du système politique français. Elle manifeste, encore plus profondément que les défilés de la rue, le désarroi face aux politiques, car lorsque l'on proteste publiquement, au moins subsiste l'espoir d'être entendu. Elle exprime la décision, d'une majorité d'électeurs aux dernières élections européennes et aux élections régionales, de ne plus croire qu'un changement est possible.
Elle s'explique aussi. Depuis trente ans, les alternances successives ont été sans effet sur la tendance de fond : que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne, les disparités sociales se creusent, alors que le PIB ne cesse de croître. Les disparités du revenu, sans mentionner celle du patrimoine, ont été multipliées par 20 en trente ans en France. En octobre 2008, l’OCDE reconnaît enfin, de manière historique, que le principe sur lequel repose le système socio-économique des pays développés, seule référence depuis la chute du Mur, ne fonctionne pas. En remettant en question le dogme selon lequel « quand la mer monte, tous les bateaux montent », quand certains s’enrichissent, l’ensemble de la société en profite, l’OCDE permet d’ouvrir le débat public sur la remise en question du système actuel.
Mais ce débat n’a pas été repris par le gouvernement. Lors de la crise de 2008 provoquée par l'illusion de la spéculation financière, les Français, à qui l'on expliquait que l'État est déficitaire et que l'argent manque, ont vu successivement 12 milliards débloqués pour les banques et les entreprises bénéficiaires licencier massivement. Ils ont vu que leur alimentation et leur santé étaient des enjeux financiers de dirigeants industriels avec la complicité du politique. Ils ont vu leur Président s'engouffrer au Fouquet's au lieu de les remercier et l'opposition se déchirer.
Parce qu'elle considère les élections républicaines comme une mascarade, parce qu'elle englobe dans un même rejet l'ensemble de la classe politique, l'abstention est un poison pour la démocratie. Si l’on accepte que les raisons de l'abstention puissent prendre racine dans le comportement de la classe politique, si l’on rejette comme non significatives des raisons qui relèvent du jugement de valeur sur la soi-disant « paresse » ou « velléité » de l’électorat, alors il est possible de faire du combat contre l‘abstention un engagement politique.
Dans la situation de désarroi dans laquelle se trouvent les électeurs français, l’arrivée de l’homme - ou la femme –providentiel est un remède immédiat, même s’il est de courte vue, comme en témoignent les 84 % de participation lors de la dernière élection présidentielle. C’est dire si l’abstention n’est pas une fatalité et que le moindre espoir d’un changement bénéfique a la capacité de remobiliser l’électorat. Mais c’est un remède de courte vue car un candidat, aussi pensée et structurée que puisse être sa communication politique, reste dans l’instant d’une promesse, avec son lot de déceptions qui inévitablement viennent donner raison aux électeurs les plus méfiants. Le danger dans la situation dans laquelle nous sommes arrivés après trente années d’alternances impuissantes pour endiguer l’accroissement des inégalités sociales et la dette de l’État, réside dans le fait qu’une nouvelle candidature « providentielle », pour réussir à capter l’attention d'un électorat désabusé, doit faire de la surenchère dans le sens de la radicalisation du projet de société qu’elle propose. Et que la radicalisation la plus facile, la plus commode, la moins courageuse, est celle de jouer avec la peur des électeurs : peur de son prochain, peur de la différence, peur pour sa famille et pour son travail.
Il n’y a pas de nombreuses solutions pour combattre l’abstention de manière durable. Une candidature « providentielle » est un atout, mais celui-ci est inopérant s’il ne s’appuie pas sur une dynamique générale d’un changement de système socio-économique. En d’autres termes, combattre l’abstention durablement passe par le changement des règes du jeu qui président à la création et à la répartition des richesses. Or ce changement de modèle est de la responsabilité du politique au sens large, des réseaux citoyens, associatifs, comme des élus déjà en place.
Beaucoup de Français n’ont pas perdu espoir, et certains n’ont pas perdu espoir de redonner espoir. Il y a des convictions sincères et des ambitions déterminées à redonner de la crédibilité à l’action politique comme promoteur de l’intérêt général. Encouragées par les attentes fortes de l’électoral - en témoigne le taux d’abstention aux deux dernières élections - elles peuvent réussir à se fédérer.
aucun commentaire
:: aucun trackback
dimanche 30 mai 2010
Par Christelle de Crémiers,
dimanche 30 mai 2010 à 20:49 :: Actualités
Ce sont les dirigeants ou ce sont les dirigés ? les politiques ou les ("simples") citoyens ? les rédactions ou les téléspectateurs ? C'est qui qui donne le ton ? Un peu les deux certainement... mais en fonction de la réponse que l'on préfère, l'action politique et le projet de société qui en découlent seront radicalement opposés.
Du côté de l'oeuf, quelques exemples de conversations réelles, mais il y en a beaucoup plus :
- L'abstention : Les gens sont paresseux et ne s'intéressent à rien. Ils ont oublié la lutte de plusieurs générations pour obtenir le droit de vote.
- La violence dans les quartiers : Les jeunes d'aujourd'hui sont ultra-violents, ils n'ont plus de repères car les parents ont démissionné. Ils cherchent des plaisirs faciles comme les beuveries ou la drogue. (Et si on continue la logique : Il y a un lien entre les jeunes d'origine immigrée et la violence.)
- Le chômage des jeunes : Les jeunes font des études pour se faire plaisir (socio, philo, histoire...) Il y a plein de métiers où l'on ne connaît pas le chômage, ils n'ont qu'à les choisir (boulanger, maçon, ingénieur énergétitien...)
- Le vide sidéral des programmes TV : Les gens aiment le foot et les émissions de télé réalité. Ce sont eux qui dirigent les choix des rédactions qui sont soumises à l'audimat.
- La médiocrité de la classe politique : Il faut que les gens prennent leurs responsabilités et exigent des politiques compétents et engagés. S'ils continuent de réélire pendant trente ans des élus cumulards qui ne s'occupent pas de leur ville, c'est leur faute.
L'action politique qui en découle est une action normative et répressive : obligation de suivre des cours d'enseignement civique, de voter sous peine de sanction, en matière de violence, la bonne vieille loi du Talion, une dépriorisation du chômage des jeunes dans la mesure où ceux qui veulent s'en sortir le peuvent... Enfin, ces actions doivent être menées par une équipe gouvernementale forte et déterminée autour d'une personne charismatique qui sait orienter la société dans le bon sens.
Du côté de la poule, quelques exemples de commentaires :
- L'abstention : Les promesses systématiquement non tenues et la corruption ont éloigné les gens de la politique.
- La violence dans les quartiers : Le déracinement du côté des parents et le rejet du côté de la société enferment la jeunesse des cités et des quartiers chauds dans une logique de ghetto et de désespoir.
- Le chômage des jeunes : Les entreprises peuvent bénéficier de main d'oeuvre qualifiée, motivée et disponible pour 400 euros par mois. Pourquoi embaucher ?
- Le vide sidéral des programmes TV : Pourquoi investir pour élever l'esprit des gens ?
- La médiocrité de la classe politique : Le pouvoir politique a abdiqué face au pouvoir économique qui dirige sans être élu. L'élite intellectuelle, les plus futés et les plus rémunérés, ne sont donc pas en politique. Un signe fort de la reconquête du politique serait d'attirer les talents.
L'action politique qui en découle est une action tournée vers l'instauration d'un nouveau modèle socio-économique, une action dont la responsabilité précède les lois du marché.
On peut dire que tenter de changer la nature humaine est vain. Mais le pouvoir politique a toujours essayé de le faire plus ou moins radicalement. C'est une des lignes principales de mon engagement politique : combattre ce qui vise soi-disant à rendre les gens "meilleurs" et se concentrer plutôt sur la responsabilité du politique dans la définition des règles du jeu qui régissent, notamment, la création et la répartition de la richesse.
2 commentaires
:: aucun trackback
lundi 17 mai 2010
Par Christelle de Crémiers,
lundi 17 mai 2010 à 00:34 :: Actualités
Cela faisait quelques mois que l'envie de lancer un webzine généraliste, pour communiquer, partager, diffuser un regard éco-démocrate sur l'actualité, se faisait sentir. Ce soir c'est chose faite...
Nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement du web-magazine d'actualité "Écologie Démocrate". Dans ses colonnes, vous découvrirez un éclairage éco-démocrate sur l'actualité économique, sociale et politique française et européenne.
Le souhait de construire un autre modèle, où démocratie et écologie sont étroitement liées, grandit dans beaucoup de pays. Comment se réalisera-t-elle ? Quelles décisions seront prises et quels en seront les rouages ? Malgré les conservatismes, les chasses gardées et les visions courtermistes, une prise de conscience semble progresser vers l'instauration de nouvelles règles du jeu.
Merci par avance pour votre accueil et votre intérêt comme lecteur, commentateur ou rédacteur.
Nos colonnes vous sont ouvertes : écrivez-nous à redaction (arobase) ecologiedemocrate.fr. Vous pouvez aussi rejoindre le réseau des blogs éco-démocrate sur
ecodem.cc.
Christelle de Crémiers et les rédacteurs d'Écologie Démocrate
un commentaire
:: aucun trackback
lundi 5 avril 2010
Par Christelle de Crémiers,
lundi 5 avril 2010 à 22:24 :: Actualités
On croyait que le 2e mandat de Nicolas Sarkozy était plié. Avec la crise, les dérapages, les tensions dans la majorité, l'espoir surgit en 2010. Et si c'était possible ?
Les raisons d'espérer tiennent autant du changement au sein même de la majorité que du regain de l'opposition.
Les mesures anti-démocratiques du gouvernement comme la nomination de M. Le fils à l'EPAD, la proposition de suppression du juge d'instruction, la facilitation de la reconduite aux frontières, la culture de la com' des chiffres aux dépens de résultats réels, la Loi Hadopi, la liste est longue, ont fini par méduser l'électorat de droite le plus fidèle. N'oublions pas que le recul du Président dans l'affaire de l'EPAD a été fait sous la pression de dizaines de milliers d'adhérents UMP qui ont rendu leur carte... Si à cela on ajoute le manque de perspectives, les abandons des mesures phares et, pour tout bilan, une seule réforme aboutie, celle du bouclier fiscal, on comprend que l'Elysée renouvelle ses injonctions aux députés de la majorité. Mais les injonctions devraient être insuffisantes, tant la crise a profondément marqué les Français et montré combien les mesures conservatrices pour les plus riches sont inefficaces pour la collectivité. Pour parachever ce tableau, la candidature sur le centre-droit de Dominique de Villepin et d'Hervé Morin, prendra la candidature sarkozyste en sandwich pour une portion réduite proportionnellement à la cerise du FN, requinqué par le débat national sur l'identité.
Côté opposition, depuis quinze ans éloignée de l'Elysée et depuis huit ans du pouvoir, la réflexion a eu le temps de faire son chemin. L'arrogance habituelle du PS depuis les années Mitterrand a été mâtinée par de longues années d'attente et d'échecs, les expériences malheureuses de la "gauche plurielle" et des élections internes honteuses de 2009, combinées à une semonce de taille de la part de leur électorat qui leur a préféré Europe Écologie. Une certaine sagesse semble se dégager : on sait que Martine Aubry et DSK n'ont pas l'intention de se déchirer, on sait que l'entre-deux tours des régionales s'est très bien passé, on sait que le PS se prépare à "un accord de gouvernement" avec Europe Ecologie. Claude Bartolone, proche de la secrétaire nationale, s'en est ouvert dans les colonnes du Monde du 31 mars.
Bien des pièges restent encore à déjouer, en particulier la présidence par Nicolas Sarkozy du G8 et du G20 en 2011, qui lui donnera, comme en son temps la présidence de l'UE, l'occasion de faire de l'international pour faire oublier les problèmes de son gouvernement, notamment pendant que la réforme des retraites battra son plein. Si la gauche évite le piège des déficits de l'État, en n'invoquant plus les recettes usées du XXe siècle, si elle réussit à conserver la détermination et l'humilité qu'elle affiche depuis les européennes et qu'elle propose de nouvelles règles du jeu fondées, en particulier, sur la création de richesse responsable socialement et vis-à-vis de l'environnement, alors tous les espoirs sont permis. Et pour ma part, je me retrousse les manches dès maintenant.
3 commentaires
:: aucun trackback
dimanche 21 mars 2010
Par Christelle de Crémiers,
dimanche 21 mars 2010 à 20:44 :: Actualités
Sur le papier c'est une très bonne idée, dans les faits, c'est l'effet combattu qui est renforcé. En voulant occuper le terrain idéologique de l'extrême droite : Insécurité, Immigration, Identité, Nicolas Sarkozy a permis le maintien du FN dans 12 régions.
Eric Besson a beau dire que le score 2010 du FN (11,4 %) est inférieur à celui de 2004 (14,7 %), il reste à l'esprit de tous que le débat national sur l'identité a favorisé le vote frontiste. En voulant obtenir le plus haut score possible au premier tour, l'UMP sarkozyste s'est privée de réserves de voix et n'arrivera certainement qu'à gagner une seule région sur les 22 de France métropolitaine. (Rappel du premier tour 2004 : PS 37 % et UMP 34 %, rappel du premier tour 2010 : PS 29 % et UMP 26 %).
Les régionales marquent l'essoufflement de la tactique sarkozyste qui avait payé en 2007 : prendre les voix du FN par un positionnement sécuritaire et clivant sur les origines des Français et arriver en tête du premier tour par l'instauration d'un grand parti unique. Elles marquent aussi le décor des forces en présence pour la course à l'Elysée. La clé de l'alternance, comme je l'écrivais à l'automne, est bien dans les mains du PS, mais Europe Ecologie, qui un temps avait caressé l'idée de changer l'équilibre dans les forces d'opposition, détient celle de la dynamique du premier tour. Plus que jamais des primaires ouvertes entre PS, FdG et EE pour désigner le candidat s'imposent dans toute leur utilité. La proposition de Daniel Cohn-Bendit de voter pour le candidat et pour le projet séparément me semble vraiment utile pour donner toutes ses chances à l'alternance.
Pendant ce temps de campagne, j'ai été extrêmement occupée par une activité professionnelle redoublée, deux grands projets événementiels devant aboutir successivement les 12 et 18 mars. Tout s'est bien passé et je réintègre mes activités politiques avec un grand enthousiasme. Je garde à l'esprit que la refonte territoriale écrite par l'UMP, non seulement favorise sans vergogne un découpage des circonscriptions législatives majoritaires pour la droite, mais en plus instaure le cumul des mandats national/régional tout en bétonnant le bipartisme.
En un mot, à partir de 2014, et au fil des élections ultérieures, sauf revirement de situation, le paysage politique français ne sera constitué que de deux blocs. Tout autre parti, s'il veut avoir des élus, devra faire alliance dès le premier tour avec l'un de ces deux blocs. Sarkozy impose donc, par la Loi, à son opposition, de faire ce qu'il a fait avec l'UMP. Cela enterre définitivement l'historique "ni droite ni gauche" sur lequel François Bayrou avait construit son succès en 2007. Mais cela fragilise aussi l'UMP elle-même, car le bloc de gauche pourrait s'avérer durablement majoritaire et dans ce cas, l'UMP, qui va subir l'éclatement de l'intérieur avec Dominique de Villepin et Hervé Morin, ne disposerait plus de la légitimité de représenter le centre-droit et d'arroseur, serait à nouveau arrosée.
4 commentaires
:: aucun trackback
lundi 25 janvier 2010
Par Christelle de Crémiers,
lundi 25 janvier 2010 à 00:19 :: Actualités
À la suite du Conseil national du Modem de ce jour, j'ai retiré ma candidature des listes du Modem en Île-de-France lors des régionales 2010.
Le Conseil national investit les têtes de listes régionales et donne les orientations de la campagne. Pour l'Île-de-France, l'investiture a été donnée sans surprise à la personne que François Bayrou avait choisie. Pour les orientations, le Modem partira sous ses couleurs seules, ce qui ne recueille pas mon assentiment. Par ailleurs, à cette heure, contrairement aux autres partis, les listes Modem ne sont pas constituées, mais les bruits indiquent que les candidatures de ces militants qui ont recueilli 30, 40, voire 60 % des suffrages lors des élections internes face aux candidats souhaités par François Bayrou, seront examinées avec une suspicion qui fait fi de toute représentation démocratique d'une expression militante qui fût riche et variée...
En 2002, l'essoufflement idéologique concomitant du Parti Socialiste et du RPR a conduit l'électorat à manifester son rejet d'une société bloquée et inégalitaire en qualifiant le FN pour le second tour de l'élection présidentielle. En 2007, tandis que Nicolas Sarkozy mise sur la conquête de l'électorat du FN pour accéder à l'Élysée, François Bayrou endosse le message d'espoir du renouveau de la vie politique française en se positionnant "au-delà du clivage gauche droite" dans un projet de société démocrate. Le choix du second tour n'est pas compris par les Français, ni la géométrie variable des élections législatives et municipales qui voient le nombre d'élus Modem se réduire. En 2009, c'est au tour d'Europe Écologie de porter le message d'espoir aux Français. Rassemblement formé par Les Verts et des écologistes variés, il apporte avec le message d'espoir "ni gauche, ni droite", un projet de société écologiste, fondé sur l'égal et responsable accès aux ressources naturelles finies. Mais la candidature d'Europe Écologie aux régionales, teintée d'extrême-gauche, ne reprend ni la dynamique ni le message d'espoir des européennes. En 2010, qui portera désormais le message d'espoir ? Qui dira qu'il est possible de débloquer cette société française qui s'enfonce dans l'inégalitarisme, l'abandon des principes démocratiques, la censure et l'ultra communication ?
Un projet de société écologique et démocrate est la meilleure alternative au sarkozysme et la seule qui puisse générer durablement l'espoir qui doit être offert aux Français. Europe Écologie et le Modem, après leur rapprochement, souhaité par François Bayrou mais avorté, présentent deux projets séparés et donc incomplets car l'écologie et la démocratie sont indissociables. L'Alliance Écologiste Indépendante de Jean-Marc Governatori, Antoine Waechter et Patrice Miran, sollicitée par François Bayrou, partira avec le Modem dans cinq Régions, mais en Île-de-France le rapprochement a été impossible. Le PS a souffert en 2002 (beaucoup), en 2007 (c'était très dur), en 2009, la claque... de toutes ces turpitudes, puisera-t-il les forces pour réussir un projet de rassemblement écologique et démocrate ?
Je ne serai pas candidate du Modem aux régionales car, en 2010, il est nécessaire de présenter aux électeurs un projet écologique et démocrate à la fois. Démocrate, je suis et je reste au Modem pour contribuer avec les écologistes, les socialistes, les verts (et les "non-verts" aussi !) à construire l'alternative écolo-démocrate au pouvoir en place.
11 commentaires
:: aucun trackback
lundi 4 janvier 2010
Par Christelle de Crémiers,
lundi 4 janvier 2010 à 20:12 :: Actualités
Triste bilan de l'année 2009... Bonne nouvelle, les aspirations des citoyens restent intactes !
L'année 2009 a vu se renforcer la politique de communication du Gouvernement, toute entière dédiée à dissimuler des dénis de démocratie. Le projet de loi HADOPI est rejeté par le Conseil Constitutionnel ? Voici HADOPI 2 et sa répression graduée qui repasse en un temps record. Frédéric Mitterrand n'avait jamais eu l'idée de devenir Ministre en écrivant La mauvaise vie ? Un petit passage d'auto critique sur sarkoTV et c'est tassé, ce qui compte c'est son nom et le 'coup médiatique' de sa nomination. La réforme institutionnelle fait grincer l'opposition ? Un report pour calmer le jeu jusqu'au régionales. De toutes manières, cette réforme DOIT passer. Son principal atout, pas toujours explicité : bipolariser durablement la vie politique française. Au fait, l'opposition : elle ne se relève pas. Morcelée, en panne de leadership, elle joue le jeu d'une UMP unie qui fait le plein des voix dès le premier tour et crie à la victoire avec 27 % des suffrages.
L'année 2009 a été aussi l'année de l'engouement des électeurs pour le rassemblement Europe Écologie, pour ce nouvel objet politique non identifié, qui n'avait de parti politique que le statut juridique autorisant à déposer des listes. Au-delà de l'innovation politique, l'écolomania a soudainement saisi l'ensemble de la classe politique, les extrêmes mis à part. Mais la communication du Gouvernement, aussi talentueuse soit-elle, s'est heurtée à deux écueils "écolo-démocrates".
La taxe carbone d'abord, rejetée par le CC en guise de cadeau de fin d'année, a été jugée inégalitaire, en gros, seuls les ménages mettaient la main à la poche, et donc non démocratique. L'écologie populaire sarkozyste en prend un coup. L'affaire du Dauphin, ensuite. Tous les ténors de l'UMP, Valérie Pécresse en tête, n'ont pas hésité à vanter les mérites rarissimes du rejeton, sans que la honte ne vienne teindre leur flagornerie. Le Parlement, complètement relégué au niveau de la chambre d'enregistrement, avait pourtant tout préparé pour l'intronisation du Dauphin. Mais, las, 65 000 retours de cartes d'adhérents UMP ont réussi à faire reculer le Papa. Pour quelques années, pas plus.
Pour l'année 2010, donc, on peut souhaiter beaucoup de choses ! Que les projets anti-démocratiques du Gouvernement, comme la réforme des collectivités ou la Sécurité intérieure, pour laquelle HADOPI n'était qu'un préalable, soient retardés. Le temps que l'opposition se construise, forte organisée, imaginative. Que les régionales donnent une large victoire à la gauche, mais que le parti socialiste n'en tire pas des conséquences immédiates pour 2012. Le Parti Socialiste a désormais les clés de l'alternance en 2012... S'il reste tel qu'il est aujourd'hui, avec un programme vieilli, un appareil omniprésent, une vision hégémonique du monde, Jean-François Coppé a de belles perspectives en 2017. Qu'il sache créer les conditions de la victoire en réinventant, à l'instar d'Europe Écologie en 2009, et du Modem en 2007, un rassemblement politique citoyen (et non une capitale avec ses provinces) pour réduire les inégalités, rendre la société plus solidaire en instaurant un accès démocratique aux ressources naturelles et à la connaissance. Qu'il sache casser avec les vieilles habitudes !
un commentaire
:: aucun trackback
mardi 22 décembre 2009
Par Christelle de Crémiers,
mardi 22 décembre 2009 à 23:34 :: Actualités
L'échec du sommet mondial de Copenhague relance le scepticisme sur les conséquences de l'action de l'Homme sur le climat. Entre défiances mutuelles et culte de l'image publique, le sommet n'a répondu ni à la fin du protocole de Kyoto pour les émissions des gaz à effet de serre, ni aux autres défis écologiques planétaires.
L'opinion publique mondiale est née il y a quelques années. On peut la dater de la Guerre en Irak, contre laquelle des manifestations ont éclos partout dans le monde, ou de l'élection de Barack Obama pour laquelle les sondages d'opinion se sont déroulés dans tous les pays, y compris la Chine. Toujours est-il que cette opinion mondiale prend racine désormais dans la conscience de partager une même planète, un même patrimoine naturel et un même caractère fini des ressources. Nous comprenons que le développement matériel ne peut être infini, que la croissance mesurée en PIB ne signifie plus progression vers plus de bonheur, mais que la croissance de la connaissance, de la recherche de bien-être, de l'harmonie entre les hommes est, elle, infinie.
Cependant, la posture des dirigeants politiques n'en a pas tenu compte pendant les deux dernières semaines. Très schématiquement, les différentes postures peuvent se caricaturer ainsi : 1. L'Europe : si je fais un effort, il faut que les autres en fassent aussi. Et je dis non à l'Afrique pour le prolongement d'un Kyoto 2 car je ne veux pas reconnaître que je n'ai pas tenu les engagements du Kyoto 1 en matière d'aide au développement. 2. La Chine : je ne veux pas arrêter de m'enrichir alors que je commence à peine, et j'entraîne avec moi l'Afrique qui ne me fait pas peur car elle commence encore plus à peine. 3. Les États-Unis : nous avons accepté de signer Copenhague, alors que nous n'avions pas signé Kyoto, il faut le souligner. Comme l'Europe, nous disons non à un Kyoto 2, et comme la Chine, nous disons non à une gouvernance supra nationale (Long term Cooperative Action). Nous sommes donc d'accord avec tout le monde et, en plus, conciliants.
Une impression de 'hors sujet' se dégage de cette caricature. Copenhague ne doit être qu'un début, le début d'une nouvelle gouvernance, le début d'un engagement pour le climat, le début d'une réponse concertée contre la faim, la soif, la déforestation, le traitement partiel des gigantesques déchets urbains...
Valeurs Démocrates, le think tank dédié à la bataille pour la démocratie, recevra
le samedi 9 janvier 2010 de 14h30 à 16h30
Corinne Lepage, Michèle Rivasi, Jean-Paul Besset, Patrice Hernu et Antoine Waechter (sous réserve)
autour du thème "
Après Copenhague, que faire ?"
au Conservatoire National des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin, Paris IIIe.
Vous y êtes chaleureusement invités !
aucun commentaire
:: aucun trackback
mardi 24 novembre 2009
Par Christelle de Crémiers,
mardi 24 novembre 2009 à 23:57 :: Actualités
Alors que le nombre d'agressions continue d'augmenter, le gouvernement vient d’annoncer son plan national de prévention de la délinquance. Tous les moyens policiers de l’Île-de-France sont désormais mutualisés pour constituer une police du Grand Paris capable d’intervenir sur des actions interdépartementales.
Cela va-t-il changer la vie des quartiers les plus touchés par l’insécurité ?
Valeurs Démocrates vous invite à participer à la table ronde
Recrudescence des agressions :
Les solutions les plus simples sont-elles les meilleures ?
Jeudi 26 novembre de 19h30 à 21h00
à l’école Jean Macé
45, rue Henri Barbusse, 93300 Aubervilliers
Métro ligne 7 « Aubervilliers - Quatre Chemins »
Intervenants
Jacques Salvator, Maire d’Aubervilliers
Renault Prouveur, conseil en gestion des politiques de prévention et de sécurité
J. Alexandre Weber, expert sécurité
Débats animés par
Claire Vigeant, animatrice du Conseil Scientifique de Valeurs Démocrates
aucun commentaire
:: aucun trackback
mercredi 18 novembre 2009
Par Christelle de Crémiers,
mercredi 18 novembre 2009 à 01:07 :: Actualités
Nous sommes habitués en Europe aux super productions américaines, à leur démonstration de force financière et à leur virtuosité technique. Mais celle-ci, a une particularité. Plus que les précédentes, elle s'affirme universelle et joue avec brio la carte de la communication mondialisée.
Avec les 200 millions de dollars qu'a coûté cette super production, rien n'a été laissé au hasard. Dès 2007, année du démarrage des travaux, des blogs ésotériques ont commencé à diffuser les thèses de la fin du monde du calendrier maya. Plusieurs Instituts ont été créés spécialement pour interroger les esprits, sous couvert de pseudo argumentaire scientifique. Certains sont clairement liés au film, comme l'
Institut pour la Continuité Humaine, d'autres font semblant d'être indépendants, comme l'
Institut de la Désinformation. Plus fort encore : la dizaine d'articles 2012 de wikipédia,
dont l'un recense 88 références, qui se contredisent plus ou moins. Seule une lecture attentive permet de déceler que l'article n'affirme rien. Des centaines de sites véhiculent l'idée que 2012 est une date clé, et certains, redoutables, proposent de jouer à la loterie à l'ensemble de l'Humanité. Le prix : survivre au chaos dans lequel sera soumise notre planète.
Un cas d'école du
viral marketing réussi. Des milliers de lettres affluent à la NASA, des ados menacent de se suicider pour ne pas voir la fin du monde. Un certaine peur s'empare du public, déjà malmené par les culpabilisations et les menaces qui accablent quotidiennement les téléspectateurs. Au-delà du simplisme bien/mal habituel, une vision politique du monde est affirmée : le Président des Étas-Unis, martyre, préside le G8, seuls quelques pays ont droit à une référence. L'italie pour le Pape, la Russie pour la Guerre Froide et la Chine pour son côté fourmi travailleuse. C'est l'Allemagne qui parle au nom de l'Europe. La France, comme le reste du second et du tiers-monde est totalement absente politiquement.
Les Mayas, à qui on n'a pas demandé l'heure, et qui vivent avec 2 dollars par jour, sont scandalisés par cette instrumentalisation mercantile. "2012" marque un point dans la manipulation des masses à des fins commerciales. L'ampleur des moyens utilisés, financiers, mais aussi en intelligence humaine, marketing, technique, organisationnelle, ... pourrait être orientée, dirigée, tendue vers un autre but que l'argent pour l'argent, qui est sans issue. Décidément, il faut changer de système. Ni capitalisme, ni communisme. J'ai confiance, on va trouver autre chose...
aucun commentaire
:: aucun trackback
jeudi 29 octobre 2009
Par Christelle de Crémiers,
jeudi 29 octobre 2009 à 01:37 :: Actualités
Avec la prise de conscience des conséquences lourdes de l'action de l'Homme sur la planète, le vote écologiste prend de l'ampleur. Mauvais perdants ou adversaires, des responsables politiques considèrent que c'est une mode et qu'elle passera, ou que l'écologie ce n'est pas la "vraie" politique, ou encore que l'écologie est soluble dans tous les partis.
La prise de conscience de l'action de l'Homme sur la planète, de la finitude des ressources et de la disparition des frontières n'a rien d'une mode. C'est l'enjeu du XXIe siècle et c'est la première fois que nous sommes confrontés à ce défi qui remet en question le caractère infini de la richesse matérielle promise par le capitalisme. En d'autres mots, ceux et celles qui analysent le vote de juin dernier comme un vote "apolitique" se trompent. Il s'agit d'une aspiration à une société humaniste, démocratique, solidaire, où le monde financier est régulé, reflète l'économie réelle et peut être tracé. Ce sont les caractéristiques d'un projet de société. C'était donc bien un vote politique.
Si la "vraie" politique est celle de diminuer la dette de l'État, réduire le chômage et débloquer l'ascenseur social, le projet politique écologiste ne s'occupe pourtant que de cela. Réduire l'écologie à la défense de l'environnement, à la taxe carbone et au tri sélectif, c'est méconnaître la portée du projet politique. Dette de l'État, chômage et blocage social sont liés et ont pour corollaire l'extrême disparité des richesses dont pâtit notre société désormais. On ne peut analyser les causes de l'extrême pauvreté sans identifier celles de l'extrême richesse. Il apparaît alors que le non renouvellement de l'élite économique et son caractère héréditaire rendent l'État providence inopérant pour assurer la solidarité sociale nécessaire à la démocratie. L'impôt devient inefficace pour les très hauts patrimoines, surtout depuis le bouclier fiscal, mais aussi pour les plus pauvres qui sont de plus en plus nombreux. La solution social-démocrate de la fiscalité, en vigueur depuis la dernière guerre, vient désormais se heurter le front contre le mur des disparités sociales. La solution de l'écologie politique est celle de la régulation démocratique de l'utilisation des ressources naturelles. Elle implique donc un changement de paradigme économique et de comptabilité des richesses.
Face à la finitude des ressources, il y a une autre solution : "Pour moi d'abord, pour mes copains, ensuite." - pourrait se dire celui qui est au pouvoir. Et pour durer (un peu), toutes les culpabilisations sont bonnes à médiatiser : si on respire, ça pollue, si on est malade, c'est cher. C'est un solution politique possible, et c'est celle que je combats. L'écologie n'est donc pas soluble dans tous les programmes des partis. Face aux défis de ce siècle, un nouveau clivage politique est apparu, clair et violent : d'un côté, un projet néo conservateur qui utilise le "fachisme vert" pour se maintenir, de l'autre un projet écologiste et démocrate qui vise à l'utilisation solidaire des ressources naturelles à l'origine de la croissance économique.
3 commentaires
:: aucun trackback
lundi 12 octobre 2009
Par Christelle de Crémiers,
lundi 12 octobre 2009 à 23:01 :: Actualités
Les régionales 2010 ne seront pas des régionales comme les autres.

Elles seront les dernières à se dérouler selon le mode de scrutin actuel. Le mandat des élus régionaux 2010, derniers du nom, se verra probablement écourté en 2014. Alors débutera un nouveau rythme électoral, et apparaîtront de nouveaux élus : les conseillers territoriaux.
Elles seront les premières à donner corps au nouvel échiquier politique qui se dessine. La crise de la sociale-démocratie, l'affaiblissement de l'extrême-droite française, la concentration des pouvoirs sarkozystes sont dès maintenant confrontés à l'appel de la population à plus de proximité, à plus de démocratie et d'écologie.
Les dernières et les premières : ces régionales 2010 seront des élections charnières. L'ambition du web-magazine Écologie Démocrate est de vous les relater, tout en vous apportant un éclairage orange savoureux. Toute la rédaction, professionnels de la communication, élus locaux, experts des politiques territoriales, vous invite à trouver dans ces pages de quoi former ou compléter votre opinion. Nous espérons susciter vos commentaires et vous donner envie de devenir rédacteur à votre tour…
Bonne lecture !
Christelle de Crémiers et les rédacteurs d'Écologie Démocrate
aucun commentaire
:: aucun trackback
vendredi 25 septembre 2009
Par Christelle de Crémiers,
vendredi 25 septembre 2009 à 01:11 :: Actualités
Cela se fera, mais que cela se fasse avec et pour les franciliens !
Valeurs Démocrates vous invite à participer à la table ronde
Grand Paris : une nouvelle ville à vivre
Vendredi 25 septembre de 18h30 à 20h30
au CNAM - Amphi V
292, rue Saint-Martin, 75003 Paris
Intervenants
Mireille Ferri, Vice-présidente du Conseil Régional d’Île-de-France à l’aménagement du territoire
Jean-Christophe Fromantin, Maire de Neuilly-sur-Seine
Philippe Laurent, Maire de Sceaux et Vice-Président de Paris Métropole
Débats animés par
Claire Vigeant et Christelle de Crémiers
aucun commentaire
:: aucun trackback
mardi 8 septembre 2009
Par Christelle de Crémiers,
mardi 8 septembre 2009 à 01:14 :: Actualités
Les militants qui ont pu rester jusqu'au bout sont partis très contents de La Grande Motte dimanche après-midi. Requinqués, pourrait-on dire, après le désarroi dans lequel les avait plongés la perspective de devenir une béquille du PS.
Requinqués tout d'abord par le brillant
discours de Corinne Lepage.
Ensuite, dans son discours, François Bayrou a laissé entendre que le principe d'autonomie, valeur fondatrice du Modem, serait préservé au premier tour, des régionales comme de la présidentielle. La présidentielle à laquelle le président du Modem n'a cessé un instant de penser tout au long de sa "réponse".
Certes, une partie du PS est clairement favorable à des listes avec le Modem et une autre partie est clairement réticente, et François Bayrou tente de toutes ses forces de gonfler cette pomme de discorde. Mais il y a une chose qui réunit tous les socialistes de Peillon à Mélenchon : pour eux, le Modem est un appoint, intéressant ou inutile, mais un appoint, et François Bayrou, le chef d'un appoint.
Certes, le Modem pourrait fusionner avec les listes socialistes au second tour, mais l'esprit fondateur serait sauf : au premier tour ce sont des alliances programmatiques, au second, des alliances tactiques. Il serait sauf, en apparence seulement. L'esprit fondateur était surtout celui de créer une troisième voie triomphante. Or, avec des alliances de second tour avec les listes socialistes, la position du PS au lendemain de la dernière élection avant 2012 serait la même que dans les années 80 et la même que dans les années 90 : celle de chef de l'opposition. Avec en prime un petit coup de modernité apporté par l'appoint orange.
Certes, François Bayrou s'est posé en chef de l'opposition en proposant de créer les assises de l'alternance. Mais en menaçant ceux qui ne voudraient pas parler avec lui de faire le jeu du sarkozysme, il n'a pas créé les conditions nécessaires au dialogue lui-même.
La question qui me paraît fondamentale et à laquelle La Grande Motte n'a pas apporté de réponse est celle du leadership de l'opposition. Je pense que le PS en l'état ne reviendra pas au pouvoir. Quelle élection faut-il encore attendre pour que le leadership de l'opposition cesse d'être porté par l'appareil socialiste ?
3 commentaires
:: aucun trackback